Type de fraude · Phishing
Phishing et faux conseiller bancaire
SMS, appel ou mail d'un faux agent ? Protocole d'urgence pour sécuriser vos comptes et contester les opérations.
Par Sophian ·
Le faux conseiller bancaire (spoofing du numéro, vrai prénom du gestionnaire) est la fraude la plus contestée par les banques au titre de la « négligence grave ». La jurisprudence récente est largement favorable aux victimes - à condition d'argumenter le dossier par écrit.
Réponse immédiate · les 3 réflexes
- 1
Appelez votre banque sur le numéro officiel (pas celui du SMS), faites bloquer l'app, transférez le SMS frauduleux au 33700.
Tout de suite
- 2
Contestation écrite immédiate visant L133-18 CMF, sans formulation auto-incriminante du type « j'ai donné mes codes ».
Dans les 24 h
- 3
Signalement Pharos / cybermalveillance.gouv.fr et dépôt de plainte THESEE pour escroquerie.
Sous 48 h
Checklist d'urgence détaillée
URGENT
- 1Ne communiquez plus avec l'arnaqueur
- 2Conservez captures d'écran, SMS, mails et reçus
- 3Notez date, heure et montant exact de chaque opération
- 4Appelez votre banque sur le numéro officiel (pas celui du SMS)
- 5Bloquez l'accès à vos comptes en ligne si identifiants transmis
- 6Ne validez aucune nouvelle opération demandée par l'arnaqueur
AUJOURD'HUI
- 1Contestation écrite des virements effectués sous contrainte
- 2Signalement sur cybermalveillance.gouv.fr ou Pharos
- 3Transfert du SMS frauduleux au 33700
CETTE SEMAINE
- 1Réinitialisation complète des accès bancaires en agence si besoin
- 2Argumentez par écrit l'absence de négligence grave
- 3Saisissez le médiateur bancaire en cas de refus initial
Erreurs qui coûtent cher
- Rappeler le numéro indiqué dans le SMS frauduleux
- Admettre par écrit avoir « donné » vos codes (formulation à éviter)
- Attendre la réponse de la banque avant d'envoyer une contestation formelle
Ce que dit la loi
Le régime est le même que pour une fraude carte : remboursement immédiat (article L133-18 CMF), franchise de 50 € maximum (L133-19), charge de la preuve de la négligence grave qui pèse sur la banque (L133-23). Le faux conseiller obtient votre consentement par tromperie, ce qui n'est pas la même chose qu'un consentement libre et éclairé.
La Cour de cassation a précisé à plusieurs reprises (notamment Cass. com. 18 janvier 2017 ; Cass. com. 12 novembre 2020) que le spoofing - usurpation du numéro de la banque - constitue une circonstance qui exclut la négligence grave du client. La banque doit prouver une faute lourde et caractérisée, non un simple manque de vigilance.
Une réponse type des banques est de citer les conditions générales qui interdisent de divulguer ses codes. Cette clause est régulièrement écartée par les juges lorsque l'utilisateur a été trompé par des techniques sophistiquées (spoofing, fausse charte graphique, validation détournée).
Sources officielles
- Article L133-19 CMF (charge de preuve sur la banque) — Légifrance
- Cass. com. - jurisprudence sur le spoofing bancaire — Légifrance
- Signalement phishing — cybermalveillance.gouv.fr
Contenu du dossier de plainte (19 €)
- ✓ Lettre de contestation (contre négligence grave)
- ✓ Protocole réinitialisation accès bancaires
- ✓ Signalement Pharos / Cybermalveillance
Références : Article L133-18 CMF · Pharos
Vos questions sur ce type de fraude
La banque me reproche une « négligence grave » : comment me défendre ?
Spoofing du numéro : la justice me donne-t-elle raison ?
J'ai validé l'opération dans mon application bancaire : suis-je responsable ?
Que faire si la banque ne répond pas à ma contestation ?
Faut-il porter plainte si on s'est fait avoir par phishing ?
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